« L'aïkido est-il un art martial ? » - 1
Une pierre de plus à l’édifice - un peu vain - l’aïkido-est-il-un-art-martial-?
De nombreux pratiquants ou théoriciens ont répondu à cette question, d’une façon documentée ou subtile ou poétique. Qu’en-est-il si on regarde la question sous un angle plus terre-à-terre ?
Personne ne peut vraiment contester que le but des arts martiaux est essentiellement de préserver son intégrité dans un environnement hostile.
Et il est clair aussi que la plupart des arts martiaux cherchent à atteindre ce but par un contrôle physique d'un adversaire considéré comme menaçant.
Au point où j'en suis aujourd'hui, je crois que l'aïkido, lui, considère la question de façon plus approfondie, sous 3 angles complémentaires: le corps, l’esprit, et le ki (ou encore, le physique, le mental et peut-être peut-on dire le spirituel)
LE CORPS
Il y a avant tout en aïkido, comme dans tous les autres arts martiaux, une pratique physique intense, réaliste, en réponse à des attaques lancées par des adversaires. C’est la condition première. Sans cette pratique, impossible d’accéder aux autres dimensions. On transpire en aïkido, on chute, on se muscle. L’aïkidoka, sous réserve d’une pratique intensive et régulière, développe équilibre, souplesse, rapidité, précision, endurance. Il développe aussi une certaine forme de force ou d’efficacité dans le combat, qui provient plus de la compréhension des relations d’équilibre, de centre de gravité et de directions de force entre soi et l’autre que de la force musculaire pure. Il développe enfin une certaine aisance à diminuer ou dominer la peur, que ce soit d’être frappé ou de tomber. A force de voir face à soi un type armé d'un sabre en bois viser votre tête, et de devoir l'esquiver – et parfois de ne pas y arriver et d'encaisser le choc, à force aussi de subir des chutes à vitesses variables et sous des angles parfois difficiles, on intègre le risque et on s'éloigne de la peur primaire du coup, de la douleur physique, de la blessure,...