uke et aïte

Publié le par Jazz

La nature non-compétitive de l'aikido donne au partenaire de celui qui pratique la technique (qui, lui, est appelé tori) un rôle particulier par comparaison avec les autres arts martiaux.


Pas question ici de gagner ou de vaincre, ni même d'être plus habile ou plus fort. Le partenaire, en aikido, fait partie intégrante du mouvement, à part égale avec tori, il est celui qui offre à tori la capacité de pratiquer, il justifie en fait la notion de aï-ki, l'union des énergies.

 

Le partenaire est à la fois celui qui attaque et celui qui subit, ces deux aspects se succédant en une fraction de seconde.

En tant qu'attaquant, il lui revient de fournir l'énergie nécessaire au mouvement et de rendre cette attaque réaliste, dans le cadre des techniques d'aïkido (saisies, attaques au sabre, au bâton ou au couteau, ou à mains nues dérivées de celles aux armes).

Quand il subit la technique, son rôle est plus subtil, et dual. Il doit d'abord se protéger contre une technique potentiellement dangereuse pour lui. La meilleure des protections consiste à suivre le mouvement et à chuter. Un aikidoka qui refuse la chute s'expose à des risques graves sur son intégrité articulaire, musculaire ou osseuse. Inversement, un aikidoka qui accompagne la chute en l'enroulant se donne l'occasion de se relever dans le même mouvement et de reprendre l'initiative. Ensuite celui qui subit doit maintenir aussi longtemps que possible le réalisme de son attaque et son intention agressive. Le partenaire est ainsi à la fois celui qui subit la technique comme on subit une défaite (on l'appelle uke) et celui qui nous prête son corps (on le qualifie d'aïte, c'est-à-dire mains unies). De ce fait, ce rôle n'est jamais passif.
La difficulté d'équilibrer les deux aspects du rôle fait que les meilleurs partenaires sont les pratiquants les plus expérimentés. Il faut avoir beaucoup pratiqué pour sentir la quantité d'énergie à fournir, le moment où la fournir, jusqu'où aller avant que l'auto-préservation doive prendre le dessus... et la qualité d'aïte est essentielle pour faire progresser tori.


Ma progression en aikido est désormais de moins en moins orientée vers la perfection de tori, elle cherche de plus en plus désormais à faire de moi un bon aïte. Non pas vaincre mais aider à progresser.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article