Jazz Sébastient bon
L'influence de Bach sur la musique et les musiciens qui lui ont succédé est immense. Et elle ne s'est pas arrêtée à Liszt ou Fauré. De nos jours encore, en-dehors des innombrables interprétations de ses oeuvres dans un contexte classique, c'est-à-dire fidèle à la lettre, des musiciens créent, inovent, imaginent des musiques qui se détachent de la lettre pour étendre l'esprit.
Je ne parle pas tant de Jacques Loussier, des Swingle Singers ou d'autres interprétes à la sauce jazz que de créateurs véritables, qui transcendent les oeuvres et les universalisen en exploitant leur richesse et leur subtilité:
En 2002, le subtil pianiste de jazz Kenny Baron réunissait un quatuor avec vibraphone, basse et batterie, pour interpéter, improviser, re-créer pourrait-on dire quelques morceaux, célèbres ou non, de Jean-Sébastien (de l'Aria au concerto pour hautbois)
En 2007, c'est un autre vibraphoniste, Andrei Pushkarev, qui sur son album Bach Vibrations, non seulement jouait les 15 'inventions à 2 voix', qui avaient été écrites pour 10 doigts courant sur un clavier, mais en plus les interprètait dans le style de pianistes jazz célèbres, de Scott Joplin à Herbie Hancock. Sacrée performance, et beaucoup de sensibilité et d'imagination !
Tout aussi inattendu et encore plus décalé, Lambarena, album sorti en 1995, avait ré-orchestré certaines oeuvres, généralement peu connues (des cantates) avec percussions et choeurs africains!
Toutes ces oeuvres, prouvent la vitalité de cette musique, et la fascination qu'elle exerce, 250 ans plus tard sur les musiciens. Un peu moins sur le public, peut-être... car il est impossible de trouver l'un de ces albums sur Deezer