De la pasteurisation de la musique

Publié le par Jazz

Mon pote Domi faisait l'autre jour un commentaire original sur le Tyrol, qui fait si joli sur les cartes postales et les forums de motard: "C'est pasteurisé. C'est le Disneyland des motards".
Dans un registre sans rapport direct, le critique jazz de Télérama fait l'éloge cette semaine d'une saxophoniste "pour qui la maîtrise technique est la condition préalable à toute improvisation risquée, à toute expression d'une émotion vraie". C'est un parti pris bougrement discutable. Chet Baker n'a jamais transmis plus d'émotion que sur la fin de sa vie, où ses moyens techniques étaient très limités, et Miles Davis qui n'a jamais été un virtuose a produit de purs chefs d'oeuvre comme Kind of Blue, Gil Evans a gravé des disques éblouissants en étant un piètre pianiste, alors que le monde de la musique regorge de virtuoses froids. Pasteurisés, dirait Domi. Je ne prétends pas que la technique nuit à l'émotion, Glenn Gould ou Claudio Arrau prouvent le  contraire, juste qu'elle est d'un autre ordre, pas indispensable à l'émotion.

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Publié dans Arts non martiaux

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