Un pays européen où il fait bon vivre
En 1986 le premier ministre d'un pays européen est assassiné. En 2003 c'est la ministre des affaires étrangères. Dans les deux cas, ils ont été tués en pleine rue alors qu'ils se promenaient sans garde du corps. Pourtant aujourd'hui encore, seul le premier ministre et une petite poignée de ministres disposent au besoin de gardes du corps, car les habitants tiennent beaucoup à l'absence de distance entre élus et citoyens. D'ailleurs selon la constitution, l’autorité suprême est détenue par les 349 membres du parlement.
Samedi dernier, un double attentat raté échoue de peu à provoquer un carnage. Pourtant, l'appel du premier ministre (conservateur) à ne pas céder à des conclusions hâtives et à rester soudés, est salué de tous les bords de l'échiquier politique.
Quel est donc ce pays qui croit aux vertus d'une société ouverte, qui déclare à la suite à l'attentat que "nous ne devons pas avoir peur, nous devons être en colère !", que "une société ne se construit pas par des responsables politiques ou des institutions, même si ils sont importants mais repose fondamentalement sur des citoyens qui prennent leurs responsabilités", et qui refuse de "renoncer à nos principes d'Etat de droit ou de tolérance" ?
Juste le pays le plus démocratique du monde, d'après l'indice de The Economist,
On peut bien sûr objecter que "Une société ouverte n’a de chance de pouvoir durer que si l’environnement n’est pas trop agressif. Sinon, elle se fait défensive." C'est le talon d'Achille des vraies démocraties bien sûr, mais aussi leur honneur et ce qui les rend plus agréables à vivre. Et, tout angélisme mis à part, on peut aussi penser qu'une société défensive est une société plus agressive, et suscite davantage de haine chez les fanatiques de tout poil.
Décidément, si les routes n'étaient pas verglacées 6 mois par an, ça serait un vrai bonheur d'habiter en Suède !