Tribun 2012
Le cirque politico-médiatique adore faire la part belle aux tribuns. Ça fait du boulot aux commentateurs, ça fait papoter au zinc, et les citoyens peuvent rêver que, s'ils étaient au pouvoir les grandes gueules en feraient autant qu'ils le clament. Les années 80 nous ont gâté avec les olibrius comme Le Pen père ou Tapie. Ça s'est un peu calmé après, jusqu'à l'arrivée de Sarkozy qui a modernisé le genre avec son langage soigneusement popu et ses déclarations tonitruantes. Il était le premier vrai populiste à accéder au sommet de la 5ème république, ce qui a permis de vérifier que les grandes gueules ne sont que cela - de la gueule.
2012 sacre l'avènement de son remplaçant dans le genre, Mélenchon, qui ressuscite à gauche les harangues vindicatives desquelles la régression syndicale nous a déshabitués, en y ajoutant humour, mauvaise foi assumée et une posture soigneusement travaillée du râleur agressif. Le type qui en fait tellement dans le genre qu'à sa place, je prendrais rendez-vous dare-dare au service de cardiologie le plus proche pour mon futur triple pontage.