Tu n'as aucune chance, alors saisis-la...

Publié le par Jazz

Difficile de ressentir de la considération pour les hommes et femmes politiques en général, sauf pour les sans-grades qui font vraiment leur boulot, dans l'obscurité, pour le bien public plutôt que pour leur ambition personnelle.  C'est pour ça qu'on peut avoir un peu d'indulgence, malgré ou à cause de ses idées irréalistes, pour un Daniel Cohn-Bendit... pour son côté fouteur de merde, aiguillon de la classe politique, indigné permanent et réfractaire au système politique.
Et c'est ça qu'on retrouve chez Eva Joly, la grande gueule en moins: refus du système politique (qui la conduit à faire la gueule à son parti qui négocie avec le PS), indignation devant l'injustice, morale ou sociale, et une solide volonté d'aller son chemin, que ça plaise ou non. Le genre d'électron libre incontrôlable qui fout les jetons aux caciques de son parti, lesquels visent avant tout à se faire un nom et une place aux détriments des confrères...

Ca rend la dame aussi intéressante en tant qu'individu que viscéralement inadaptée à la politique, incompatible avec ce microcosme dont elle a voulu faire partie et incapable de faire un score aux élections présidentielles. Se plier aux règles, dire aux gens ce qu'ils ont envie d'entendre, haranguer les foules, balancer des vacheries sur les autres, ce n'est pas du tout son truc. Elle se contente de profiter du temps de campagne pour égrener les propositions généreuses, vertueuses et inapplicables, et disparaîtra du paysage politique au lendemain du 1er tour - ce qui peut-être achève de la rendre estimable.

 

© Jamel pour le titre

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article