Sciences de la Vie et de la Terre, leçon 17 - Le rond-point
Le rond-point, qui serait apparu dans la période géologique du Bouyguien inférieur (ére du Travopublique), est une sorte de taupinière qui se développe exclusivement sur les chaussées goudronnées.
Etymologiquement formé à partir du vieux franquin Ronntudjûûû et de la racine occitane Putaing, il est d'un naturel farceur et adore surgir à l'improviste, à des endroits où on passe de temps en temps, pour surprendre le motard ou le totor étourdi.
Il existe de nombreuses variétés de ronds-points dans nos contrées, comme le rond-point-paysagé, le rond-point-avec-voie-de-bus-en-plein-milieu, le rond-point avec feux à l'entrée, celui avec feux à l'intérieur, celui où on laisse la priorité, celui où on l'a, et le préféré des carrossiers, celui où on ne sait pas trop si on l'a. Il existe même des variétés hybrides telle que le rond-point à gravillons mais nous glisserons allègrement sur ces unions contre nature. Un peu trop allègrement.
Bien que certains fêtards prétendent, quand ils y éclatent leur carter, que les ronds-points ne sortent que la nuit, la sagesse populaire sait bien, elle, que l'espèce n'a été domestiquée que pour ralentir jusqu'à environ 13 km/h la circulation diurne, qui sinon atteindrait la vitesse époustouflante de 17 km/h, et pour remplacer un gros carton tous les 5 ans par 26 accrochages par mois.
L'origine fossile du rond-point est attestée non seulement par son exosquelette bitumineux mais également par son goût immodéré pour le gazole dont il se badigeonne les jours de crachin, fournissant l'occasion rêvée aux motards de tenter le triple axel sans descendre de machine, sauf en plein milieu.
Signalons enfin que certains ronds-points ont, avec le temps, développé une relation symbiotique avec un parasite de couleur bleue et doté de jumelles, mais ceci est une autre histoire.