Politique et moralité sont-ils conciliables?

Publié le par Jazz

On en doute en additionnant le nombre d'affaires ou simplement de comportements moralement douteux concernant des hommes et femmes politiques français contemporains à travers tout l'échiquier. Emplois fictifs, injures raciales, détournements de fonds, prévarication, scandales sexuels, financements occultes, abus de bien sociaux,...


Dès que le niveau dans la hiérarchie politique dépasse celui d'un maire de petite commune, est-il encore possible de rester à la fois honnête vis-à-vis de la loi et des règlements, et intègre vis-à-vis des principes qui régissent la vie en société ? Ou bien le pouvoir corrompt-il inévitablement?

 

Progresse-t-on sur l'échelle politique mû par une soif des attributs du pouvoir ? Car ces attributs sont innombrables: la voiture ou l'avion "de fonction", le prestige du poste qui éblouit la jolie stagiaire flattée d'assurer le repos du guerrier, la toute-puissance du député qui fait embaucher l'ami de sa cousine au conseil général, voire sa femme dans le cabinet qui gère la fortune de la généreuse donatrice, la certitude de la célérité du parquet à classer sans suite,...

 

Ou bien progresse-t-on avant tout par goût de l'ivresse du pouvoir, dont Paul Valéry notait que "le pouvoir sans abus perd le charme", et se laisse-t-on griser de surcroît par ses privilèges ?

 

Ce n'est pas limité à la France, et au moins certaines de ces dérives sont dévoilées par des media plus ou moins indépendants... De là à se dédouaner parce qu'on est en république et que ce ne sont là que des petites faiblesses humaines bien excusables... eh bien il y a un pas.
La morale est un concept relatif, au lieu et à l'époque, et l'excès de morale est aussi détestable que son absence. Mais dans le cadre de la politique, il me semble que la morale se ramène au civisme, et une responsabilité politique sans civisme c'est du même ordre que la légion d'honneur à un escroc, ça n'a pas de sens. La moralisation de la vie politique est une tarte-à-la-crème - un temps cuisinée par l'extrême-droite, un comble! Si personne ne la déguste, est-ce parce que finalement tout le monde s'en fiche, ou bien parce que personne n'y croit, parce qu'elle serait une utopie, non seulement inatteignable mais même contradictoire par essence ?

On aimerait imaginer un régime où les dirigeants seraient au service de la communauté, nommés par elle, et gouverneraient au mieux de son intérêt en s'appuyant sur les idées et les décisions d'un collège de ses représentants, sans en tirer d'autre profit que la satisfaction d'avoir participé de son mieux à la vie harmonieuse de la communauté, puis laisseraient leur place à d'autres et retourneraient à une vie anonyme au sein de la communauté. On pourrait appeler ça, disons... la démocratie. Fou, non ?

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C
<br /> JEAN CHAREST: UN PAS DE CLASSE(fermaton.over-blog.com)<br />
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