Perte du troisième A: une crise identitaire
Comme le faisait remarquer François Morel sur France Inter, la perte du troisième A pose des problèmes au quotidien en France. Lui-même indiquait que l'usage de noms comme caravane ou rattrapage devient impossible, mais ça va bien plus loin.
Car pouquoi donc la perte du troisième A n'affecterait-elle que les noms communs ou les verbes, bien innocents ma foi de notre inconséquence financière, et pas les noms propres ?
De ce fait, la perte du troisième A va toucher directement certains Français. Il y a par exemple sur Facebook un type - dont le mur regorge de commentaires passionnants - qui se fait appeler Dan Aikisax, sans doute parce qu'il aime à la fois l' aikido et le saxophone. Les options qui s'offrent à lui sont dramatiquement réduites: Pour éviter à tout prix de s'appeler Dan Aikisex, il n'a le choix qu'entre Dan Aikisox - qui l'assimile à une équipe de hockey américaine -, Dan Aikisux - que les mêmes américains comprendraient comme Dan Aiki sucks -, Dan Aikisix - qui prétendrait qu'il est sixième dan - ou Dan Aikisyx, et dans tous les cas le saxophone disparaît de son identité.
C'est bien pire encore pour notre bien-aimé président: son titre officiel va devoir être modifié en urgence pour ne pas devenir "Monsieur le Président de la République Nicolas Srkozy", les journaux people ne pourront plus titrer, sous peine de faire ricaner, "Le président Sarkozy et son épouse Carl" et bien sûr le déséquilibre franco-allemand s'accentuera encore dans "les rencontres Angela Merkel - Nicols Srkozy". Un drame identitaire se noue ici, capable de réduire un ego à néant, et je n'ai pas dit à guéant, ce serait trop cruel.
Et puis évidemment c'est toute de la communication officielle qui va devoir être réécrite en profondeur pour limiter les communiqués et les textes officiels à deux A seulement. Voilà une mission digne de l'Oulipo, dont nous ne manqueront pas de suivre les développements avec le plus grand intérêt.