Patrie des droits de l'homme, ou droits de l'homme partis?

Publié le par Jazz

"Mes chers compatriotes,

Vous le savez, nos industries d'armement sont réputées pour leur savoir-faire et la qualité de leur production. Par ailleurs le monde entier nous envie l'organisation, la discipline et la maîtrise technique de nos forces armées. Il est donc de notre devoir de venir en aide aux nombreux dictateurs aujourd'hui en butte à des mouvements de contestation dans leur pays, en leur proposant une aide militaire et technologique appropriée, seule à même de ramener l'ordre, rééquilibrer notre balance commerciale déficitaire et assurer l'indispensable rempart sécuritaire contre l'épouvantable islamisme."

 

C'est en gros ce qu'a déclaré devant les députés* la ministre française des Affaires Etrangères, qui prend très au sérieux sa mission de faire des affaires avec les étrangers - il est vrai que nous sommes déjà bien implantés chez les despotes birman (via Total), chinois ou africains.

Comme le résume Pierre Haski sur Rue89, "tout ce que la France trouve à dire à propos de la tuerie qui se déroule depuis plusieurs jours en Tunisie face au mouvement de la jeunesse, c'est que techniquement, c'est pas parfait et que notre « savoir-faire » est à sa disposition."  Une sorte de mise en oeuvre de l'Union pour la Méditerrannée, quoi...

 

 

 

* La déclaration réelle était à peine moins explicite: "Nous proposons que le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité permette de régler des situations sécuritaires de ce type. C'est la raison pour laquelle nous proposons aux deux pays [ Algérie et Tunisie], dans le cadre de nos coopérations, d'agir en ce sens pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l'assurance de la sécurité."

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