Les gardiens de la paix ont disparu. Place aux forces de l'odre.

Publié le par Jazz

Le procès de Villiers-le-Bel a été l'occasion pour le procureur local de déclarer: "Notre société ne peut accepter que l'on tire sur des policiers qui sont garants de la paix sociale", avant de requérir les peines de prison à l'encontre des jeunes soupçonnés d'avoir utilisé des armes à feu lors des émeutes de 2007.
Puisque le statut de policier a été un argument des réquisitions, ce que sous-entend ce représentant de l'Etat c'est que si les types avaient tiré sur de simples citoyens, ç'aurait été moins grave et que la vie d'un non-flic vaut un peu moins que celle d'un flic. A ce compte, mieux vaut, en temps de guerre, tuer un civil qu'un soldat...
Est-ce donc que les policiers sont supérieurs aux autres en tant qu'êtres humains ? Non bien sûr - quoique certains d'entre eux puissent finir par le croire - c'est seulement que porter l'uniforme procure aux yeux de la loi un supplément de valeur qui peut se chiffrer en nombre d'années de prison pour le tireur.
Apparemment, le fondamental de ce qui était jugé n'est pas qu'une poignée de dingues aient saisi une arme pour tirer sur d'autres êtres humains, c'est qu'on ait attenté à un symbole de la république. Comme s'il était normal, après tout, qu'une flambée de haine se règle les armes à la main. Mais par contre, insupportable qu'on ose manquer de respect aux uniformes, au drapeau tricolore ou à la marseillaise (qui entre parenthèses, comme appel au meurtre se pose un peu là). Comme si on était entrés dans cette logique, chère aux dictatures, où le symbole d'état prime l'individu.

Ce qui a manqué, il me semble, à Villiers-le-Bel ou ailleurs depuis des années, c'est la fin de la phrase du procureur... la police comme "garant de la paix sociale"... car les gardiens de la paix d'antan ont disparu depuis belle lurette, remplacés par des quidams déguisées en Robocop, de façon à impressionner, à effrayer et à agresser à moindre risque.

 

Pourtant est-il acceptable que la police rende oeil pour oeil quand elle est menacée, ou simplement moquée ? Ces gens sont formés, ce sont des professionnels face à des amateurs. Tant qu'on n'en est pas à leur tirer dessus, ils doivent être rompus aux techniques de résistance physique et mentale face à la provocation, aux menaces ou aux agressions . Ils doivent, pour paraphraser Marc Aurèle savoir utiliser la force la force quand elle est nécessaire, ne pas l'utiliser quand elle est superflue, et faire la différence entre les deux situations.
Il faut admettre qu'ils peinent à faire leurs preuves à la fois quand il s'agit de combattre, quand il s'agit de calmer le jeu et quand il s'agit de réfléchir et de juger.

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