Le sorcier de la rue Charlot

Publié le par Jazz

Après 10 jours de patience, j'ai récupéré ce soir mon saxo baryton remis à neuf par un luthier parisien.
Je devrais dire un extraterrestre... Le genre de gars qui se frotte les mains de devoir redresser, réaligner, réajuster, régler tout le fourbi de tiges, de clés et de ressorts, qui commande tous les tampons dans la série millimétrique, et qui va se fabriquer le petit outil spécial qu'il faut pour redresser une clé, tout en haut du bocal, en s'assurant que tampon arrivera précisément parallèle à la cheminée... Il faut avoir regardé de près la complexité d'un saxo pour comprendre l'ampleur de la performance.
Eh bien ce type est un sorcier! La métamorphose est époustouflante! J'ai l'impression d'avoir entre les mains un saxo mieux que neuf, avec une facilité de jeu inimaginable et plus aucun couac dans les transitions scabreuses (enfin à part ceux issus de mes lèvres démusclées et de mon anche fatiguée). Et pourtant il faut voir dans quel capharnaüm ce génie opère... un petite boutique poussiéreuse au bout de la rue Charlot, couverte du sol au plafond de pavillons, de culasses, de bocaux, de corps de saxophones, avec quelques raretés (l'alto en fa des années 50, le saxo basse,...), quelques vieux meubles fatigués couverts d'un monceau de pièces de flûtes, de saxo, de clarinettes, et pas plus de 20 centimètres carrés libres sur l'établi.
C'est un vrai soulagement de voir ces quelques précieux artisans/artistes poursuivre leur recherche éperdue de la perfection acoustique issue du bois, du laiton, de l'ébonite dans un monde high-tech de produits jetables, pour permettre à d'autres de produire avec leurs oeuvres une musique encore plus belle. Une musique dont l'émotion doit beaucoup aussi à la passion, à l'ingéniosité et à l'habileté de ces hommes !

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Publié dans Arts non martiaux

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