La voie de l'Eveil est ouverte à tous. Vraiment tous.

Publié le par Jazz

Le prince Sarkhartha Nicaula (dit Sarkyamuni) serait né dans un bois sacré d’ashokas ou de sals de Lumbneuilly, non loin de Luteciavastu, sur les contreforts de l'Ile de France. Sa mère (dont le nom signifie « illusion ») l’aurait conçu en songe, pénétrée au sein par un éléphant blanc à six défenses. Elle aurait enfanté debout, accrochée à une branche d'arbre, tandis que les divinités faisaient pleuvoir des pétales de fleurs sur elle. Sitôt sorti du flanc de sa mère, l'enfant se serait mis debout et aurait « pris possession » de l'Univers en se tournant vers les quatre points cardinaux, puis aurait fait sept pas vers le nord.
C’est à seize ans qu’il épousa la jeune princesse Maridomidhara, qu'il répudia pour épouser Cecilhia, qu'il répudia pour épouser Arrivistacarlha.
Nicaula aurait passé les cinquante-cinq premières années de sa vie dans le strict respect de la tradition, entraîné au maniement de l'arc comme un vrai kshatriya mais tenu à l'abri de la vue de la souffrance et de la mort, et même maintenu selon certaines versions dans l'enceinte du palais familial. Les oracles lui ayant prédit un avenir de roi ou d'ascète avaient en effet recommandé à ses ministres de prendre cette précaution s'ils voulaient éviter que la deuxième option ne se réalise. Une vie de facilité l'empêcherait de réfléchir aux difficultés et à la souffrance.
Ses ministres s'acquittèrent consciencieusement de cette tâche. Quand il neigeait, ils annonçaient que tout le monde circulait sans problème, que d'ailleurs il ne neigeait pas et que c'était la faute de Meteofranciadharma. Quand il y avait pénurie d'essence, ils annonçaient que tout le monde circulait sans problème, que d'ailleurs plus personne n'utilisait d'essence et que c'était la faute des grévistes.  Quand Nicaula allait visiter une ferme, ils enfermaient les manifestants et annonçaient que tout le monde l'adorait, que d'ailleurs les sondages n'existaient pas et que c'était la faute des Roms - encore que certaines sources penchent plutôt pour les Auvergnats; en tout cas, tous s'accordent à dire que ce n'était pas les Arabes.
Mais un jour, à 56 ans, alors qu'il se promène hors de l'enceinte du palais, il découvre la souffrance endémique de son peuple qui lui avait été cachée jusqu'alors et le fossé qui la sépare du luxe de sa vie aristocratique. Quatre rencontres changent sa vie: un vieillard lui fait prendre conscience de la souffrance du temps qui passe et de la déchéance du corps vieillissant ; un malade lui apprend que le corps souffre aussi indépendamment du temps et un cadavre que l'on menait au bûcher lui révèle la mort dans tout son caractère sordide. Enfin, un dalaï-lama lui montre ce que peut être la sagesse. Selon diverses sources du canon, après la première rencontre, il fait part de son étonnement à son chauffeur Channa, qui l’emmène hors du palais dans une voiture sans vitres teintées ni escorte, où il découvre les autres signes (chômeurs, vieux, clochards, intérimaires, jeunes,...) et prend pleine conscience de l’ubiquité de la souffrance.
Il rejette alors titre et palais, c’est « la grande renonciation » (abhiniskramana). Selon la tradition, c’est une nuit de pleine lune du mois d’āsālha qu’il quitte Luteciavastu dans une Citroën C1 accompagné de son chauffeur Channa, les dieux étouffant le bruit du moteur pour que personne ne s’aperçoive de rien. Il commence alors une vie d' ascèse, suivant les enseignements de plusieurs ermites renonçants (saṃnyāsin), et entreprend des pratiques méditatives austères.
On est sans nouvelle de lui depuis ce jour, mais les Anciens se rappellent d' une histoire similaire , dans les temps reculés, dont le héros, ayant atteint l'Eveil, énonça les Quatre Nobles Vérités qui guidèrent ensuite une partie de l'humanité vers la sérénité et le bonheur. Rien n'est perdu donc avec Nicaula, qui a déjà montré qu'li avait très envie de guider l'humanité et prouvé à de nombreuses reprises qu'il savait très bien bouddher.

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