Relations de confiance...
Le Ministre de l'intérieur et de la Périphérie estime aujourd'hui que "Nous vivons une crise de l’autorité". Rien de neuf, ça doit bien faire 55 ans que j'entends ça.
Il ajoute que "la voix des parents, de l’enseignant, du juge, du policier, de l’élu est trop souvent contestée". Pour ce qui est des parents, à supposer que ce soit vrai ce n'est pas de son ressort, pour les enseignants pas plus, pour les élus il a moyen de mettre son grain de sel, mais on sent bien que faire appel à ces autres "dépositaires de l'autorité" sert surtout à noyer le poisson...
Par contre il dépend principalement du susdit Ministre de pacifier les relations non seulement entre juges et police, mais surtout entre police et population. Et il ne suffit pas pour ça de psalmodier que «les relations entre les forces de l’ordre et la population doivent être des relations de confiance», il faut aussi nettoyer devant sa porte, resserrer les boulons des cowboys en uniforme et les former dare-dare au respect et à la politesse.
La façon, depuis plus de 10 ans, dont nombre de policiers se comportent vis-à-vis de la population "stigmatisée" (jeunes à capuche, beurs,…) de ma banlieue est honteuse. Morgue, humiliation, violence, les cow-boys agissent en toute impunité et se chargent d'inculquer la haine des flics à des jeunes à l'origine un peu rebelles, sans plus .
Ils répondent à la provocation par la violence, ou pire, provoquent eux-mêmes pour arriver à "l'outrage" et répondre alors par la violence. Je me rappelle, il y a 7 ou 8 ans que mon gamin et ses copains se sont retrouvés au poste, interrogés, rudoyés puis reconvoqués avec les parents parce que l'un d'eux avait imité le cri du poulet au cours d'un contrôle d'identité musclé...
A Trappes, en agissant comme ils l'ont fait en plein ramadan, au lieu de laisser couler une provocation bénigne, lis savent qu'ils ne vont que déclencher rage et émeutes. Ou s'ils ne s'en doutent pas, il faudrait qu'ils changent vite de métier.
Car on doit attendre beaucoup plus de la part de professionnels de la sécurité que de répondre oeil pour oeil à la provocation. Ils doivent être formées à garder leur sang-froid. Et leur efficacité ne doit pas se traduire par leur capacité a cogner mais au contraire par celle de manifester plus de bon sens et une bien plus grande maîtrise que leurs opposants, de leurs nerfs, de la psychologie de base et, quand c'est nécessaire, des techniques d'immobilisation.
Faute de quoi ils ne sont guère que des voyous armés et en uniforme.
Rétablir des relations de confiance? Manuel, mon gars, c'est une belle mission qui t'attend là.