Le Livre du Foyer...
Souvent, et cela dans tous les milieux, la femme est la complice la plus certaine de la passion que contracte l'homme [pour l'alcool]. On a beaucoup parlé de l'ouvrier qui, rentrant de son travail et ne trouvant ni feu, ni lumière, ni propreté, ni ordre chez lui, déserte le foyer inhospitalier pour le bar étincelant. On aurait pu étendre cette constatation au bourgeois ou même au rentier. Combien de femmes qui, pour de futiles corvées mondaines, désertent leur foyer [...]. Avec une femme aimée le logis serait accueillant; vide il semble presque hostile. [...] Seul, dépaysé, l'homme tourne sur lui-même, piétine, feuillette quelque revue nouvelle, puis désireux d'oublier un peu le tracas des affaires se rappelle qu'à cette heure il peut trouver au cercle tel ami spirituel, tel compagnon joyeux et... il part. [...] Que le fait se renouvelle plusieurs fois par semaine et voilà un candidat à l'alcoolisme, et voici un malheureux de plus.
A. Moll-Weiss, Le Livre du Foyer, Ed Armand Colin, 1910.
Quelle sagese! Quelle compréhensoin profonde des mécanismes de l'alcoolisme! D'ailleurs, pile un siècle plus tard, dira-t-on jamais assez la responsabilité des femmes négligentes dans les apéros Facebook ?
Le plus frappant dans ces conseils dont regorgeaient les livres pour dames au tournant du siècle dernier, c'est de s'imaginer comment rigoleront dans un siècle nos petits-enfants tombant sur les magazines féminins d'aujourd'hui...