Etat nazi ou mort douce?

Publié le par Jazz

Une campagne choc et donc discutable, lancée en période électorale par une association, réclame la légalisation de l'euthanasie active (celle qui implique un geste léthal volontaire d'un médecin, par opposition à l'euthanasie passive déjà légale, qui consiste à désactiver les aides vitales)


Par curiosité sur ce qui reste le sujet le plus terrorisant pour nos sociétés occidentales, la mort, j'ai relevé et rassemblé par thèmes les arguments contre la légalisation, exprimés sur un blog grand public:

  • L'argument de la boîte de Pandore: La généralisation, les dérives, l' "Etat nazi"

" On pourrait décider que les myopes soient euthanasiés, et ceux qui ont les dents jaunes etc"
" J’ai des amis non voyants et handicapés qui goûtent l’existence comme ne le feront jamais des valides. "
" Et bien moi je pense qu’une légalisation de cette pratique aboutirait à bien trop de dérives."

  • L'argument moral: C'est mal, et c'est un manque de courage

" Nous ne pouvons pas nous permettre de prendre la vie d’un autre, tout simplement parce qu’elle ne nous appartient pas."
" il est plus facile de dire oui à ôter la vie, que de tenir tête et se battre pour une vie meilleure. Je suis contre la facilité, quel que soit le sujet abordé. C’est un manque de dignité."
" la maladie est un évènement douloureux, jallonée de souffrance mais, ne l’oublions pas, de beaux moments aussi"

  • L'argument syllogisme: La possibilité deviendrait une obligation, la seule solution offerte

" plus d’un médecin me condamnait, avec une loi je serai exécuté"
" faut-il traiter la cause de la souffrance de fin de vie ou devenir meurtrier ?"
" la médecine du Vingt-et-unième siècle devrait être en mesure de proposer autre chose que des soins palliatifs et l’euthanasie"

  • L'argument de la perte du libre-arbitre

"Je ne souhaite jamais que quelqu’un d’autre décide de m’ôter la vie par soit-disant compassion"

  • L'argument de la décision qu'on (ne) pourrait (plus) regretter

" Le risque serait d’en finir à tout va avec des malades qui, dans un moment d’épuisement demanderaient à partir alors qu’ils aiment profondément la vie."
" j’ai bien peur que beaucoup de personnes aient trop peur de se battre et choisissent cette option si elle est légalisée, ce qui serait terrible puisqu’on ne sait pas ce que réserve l’avenir"

 

 

A ces arguments contre, les pour opposent principalement:

  • on doit avoir la liberté de choisir sa mort et de mettre fin à ses souffrances

"La question n’est pas d’autoriser quiconque à prendre la vie d’une autre personne, mais de savoir si l’on offre la possibilité à une personne de mettre fin à sa vie."

"Tant mieux pour vous si vous voulez vivre à tout prix: personne ne veut vous en empêcher. Mais n’ imposez pas votre choix aux autres qui ne vous demandent rien."
"J’ai un ami de 35 ans, en fin de vie, qui s’est jeté du cinquième étage, de la chambre de son appartement. Sa femme a vu les pompiers ramasser les morceaux. Il n’avait plus de force et une douleur immense et permanente. Il aurait voulu qu’on lui administre une mort plus tranquille, moins violente, plus douce et moins douloureuse, pour lui comme pour sa famille. Mais la société lui a refusé "

  • on applique déjà sans le dire l'euthanasie active

"Il faut savoir que dans la pratique,on n’a pas attendu les autorisations.Les débranchements se font.Les détournements de la loi sont effectives."

"se contenter de cesser les traitements pour laisser mourir est d’une hypocrisie sans nom."

  • c'est encadré

"la personne souhaitant recourir à l’euthanasie expriment, dans un état de conscience non altéré, son choix à de multiples reprises et en présence de témoins."

  • d'autres pays l'appliquent l'euthanasie depuis plus de 10 ans, sans dérives

"Je suis belge et chez nous l’euthanasie est autorisée et sévèrement encadrée par un dispositif légal. Nous sommes très très loin des prétendus abus dont on parle trop souvent."

  • dans la réalité, même si la possibilité est accordée, elle sera rarement utilisée

"La réalité du terrain montre que lorsque la souffrance (physique ou morale du patient et de son entourage) est prise en compte, les patients ne veulent plus mourir."

  • c'est apaisant pour le malade

"pour l’entourage mais aussi pour le patient. Celui-ci a le temps de dire au revoir à ses proches, de dire les choses que l’on n’a jamais dites,etc. Ce qui ne serait pas le cas si il mourrait d’un accident ou si la maladie le ferait souffrir puisque qu’à ce moment là, il pourrait être dans un état second par exemple."

5 arguments contre 6, un score de sondages présidentiel...

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