Dans 'génocide', il n'y a pas 'no'.
En 2001, nos députés avaient officiellement reconnu le génocide arménien (1,2 million de morts, quand même, il y a bientôt un siècle), en phase avec d'autres pays occidentaux (USA, Suède, Canada, Italie, Pays-Bas)...
Cette année, comme pour le génocide juif (et tiens, au fait Israël est un des rares pays qui refuse de reconnaître l'arménien!), le parlement français a décidé de condamner sa négation. C'est l'exact opposé de ce qui se passe en Turquie où on peut être condamné pour contestation de la thèse officielle qui nie le génocide. Pour un type qui aurait la double nationalité, bonjour le dilemme!
C'est d'autant plus bizarre pour la France qu'ici que les négationnistes doivent se compter sur les doigts d'un pied. La seule explication plausible de cette nouvelle mouture du principe un-cas-particulier=une-loi doit être la pommade passée sur les plaies de la communauté arménienne en France par un futur candidat dont l'empathie croît avec la proximité des échéances.
Il reste que, là-bas comme ici, on voit un parlement décider du bien-fondé de ce que peuvent penser (ou dire) les citoyens, et donner les moyens de les condamner s'ils dévient de la pensée tracée... Un des symptômes typiques des régimes despotiques. Aussi juste que soit la cause, le moyen est détestable. Dans la lignée de Voltaire, exigeons que puissent s'exprimer les opinions contraires aux nôtres.