"Le plaisir de la critique nous ôte celui d'être vivement touché de fort belles choses" La Bruyère
Le premier jour, le Dieu du Bonheur créa l'homme, la femme et l'amour.
Le deuxième jour, il créa la nature, les arbres, les fleurs et les animaux.
Le troisième jour il créa la compassion et l'attention aux autres.
Le quatrième jour, il créa la réflexion et la sagesse.
Le cinquième jour, il créa le mouvement et l'aïkido.
Le sixième jour, il créa la musique et la beauté esthétique.
Le septième jour, il créa la spiritualité.
Puis il s'arrêta, satisfait de son oeuvre. Et il y avait de quoi !
Ce n'est que beaucoup plus tard que www.soyezheureux.com lança la release Bonheur 2.0 qui introduisit de nouvelles features: télévision, religion, automobile, mais également un certain nombre de bugs tels que guerres, traders, maladies, critique musicale,...
Ah oui, la critique musicale... voici ce qu'on lit, pris au hasard dans Diapason, ce parangon de la Musique Classique et de la Hi-Fi, pour qui une chaîne à 10 000 euros fait partie des "milieu de gamme", le jazz n'a jamais existé et le standard MP3 est à reléguer au musée des horreurs: "Au crépuscule de l'âge baroque, les sombres et lyriques largos saluent l'avènement d'un style plus sensible que galant, à l'instar du Tartini intime des dernières sonates pour violon seul. Si le squelette formel des ritournelles et épisodes structure toujours les mouvements vifs, la ligne de basson quitte vite la simple figure instrumentale et devient chant incarné, s'exprimant par affetti changeants".
C'est cela, oui, bien bien bien, et alors en gros ça leur a plu, ce concerto pour basson de Vivaldi ?
Forcément, ça leur a plu, il a un Diapason d'Or.
Je cours l'acheter alors. Je le mettrai en haut de la pile des 74 SACD qui attendent dans mon auditorium que j'ai le temps de me recueillir pour Ecouter, dans de parfaites conditions "de rendus des timbres, d'excellence de définition et de transparence, de bel équilibre spectral et d'épanouissement acoustique", une "image sonore naturelle avec un bel espace, de la profondeur et du relief".
A moins que je referme le magazine, que je ferme les yeux, que j'écoute ou réécoute tout de suite un des disques que j'ai déjà et que je savoure naïvement les émotions qu'il va me procurer.