La façon de dire les choses
Le genre de présentation tendancieuse fréquemment adoptée par un quotidien populaire parisien libéré de ses scrupules déontologiques:
UN MOTARD PERCUTE UN GENDARME !
Le pronostic vital du gendarme est "engagé".
Un gendarme est dans un état grave après avoir été renversé ce jeudi matin par un motard qui a pris la fuite lors d'un contrôle routier à Mézières-sur-Seine (Yvelines).
Vers 10h30, une patrouille de gendarmerie de la brigade motorisée de Beynes (Yvelines) effectuait un contrôle routier sur la D113 quand une moto Honda, signalée volée, est arrivée à vive allure, selon une source policière.
Le motard a refusé de s'arrêter et a percuté un militaire, avant de laisser son véhicule sur place et de prendre la fuite à pied.
Le premier mot qu'on lit ici est 'motard': ce qui caractérise l'histoire ce n'est plus que le type était un voleur, c'est qu'il était motard - alors que les motards sont les premiers victimes de ces malfrats.
Imaginons un peu si le mec avait été en voiture. Aurait-on titré "UN AUTOMOBILISTE PERCUTE UN GENDARME"? Non, ce titre-là on le garde pour le cas où le gendarme est fauché accidentellement.
L'histoire serait très probablement devenue:
UN GENDARME PERCUTE PAR UN MALFAITEUR
Vers 10h30 jeudi matin, une patrouille de gendarmerie de la brigade motorisée de Beynes (Yvelines) effectuait un contrôle routier sur la D113 à Mézières-sur-Seine (Yvelines) quand le conducteur d'une voiture volée est arrivé à vive allure, selon une source policière. Refusant de s'arrêter, il a percuté un des gendarmes avant de s'enfuir à pied.
Le gendarme est dans un état grave, son pronostic vital "est engagé".