J'étais son fils

Publié le par Jazz

J'étais son fils. 

Peut-être le suis-je encore par instants, par éclairs,

quand son regard se rallume et se fixe.

Avant que ses yeux se referment et son esprit avec.

J'étais du premier cercle,

un cercle qui n'est plus que son centre, environné de nuit.

La nuit qui le fait hurler de terreur, appelant sa mère,

et le jette au bas du lit, impuissant à bouger.

Il est lourd à relever, son corps est encore plein,

ses jambes, des piquets droits qui ne savent plus marcher,

ses mains, des serres qui agrippent pour ne plus lâcher.

On le recouche et la nuit lui est le jour et le jour l'est aussi,

le sommeil joue avec lui au chat et à la souris, sans répit.

Il bave, ne sait plus articuler, dodeline de la tête,

mais aussi il sourit, parfois, brusquement apaisé,

et on croit un instant qu'il nous est revenu.

Puis il repart, vers un délire de cimetière ou de restaurant,

ancré peut-être dans une réminiscence d'enfance.

Il n'y retombe pas, en enfance, il est ailleurs,

égaré, perdu, et n'en reviendra plus.

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