Georgia not my kind
Et donc la Georgie vient de légalement assassiner Troy Davis.
L'obstination, le jusqu'auboutisme de la justice de l'état, en dépit des doutes de plus en plus criants sur sa culpabilité, s'explique apparemment de trois façons:
1/ il fallait absolument venger la mort d'un policier (blanc). Il était impensable d'admettre que l'enquête, menée par d'autres policiers, ait pu finalement échouer à identifier le vrai coupable (noir). Il en fallait un, si ce n'est lui c'est donc son frère (après tout, Davis a été arrêté sur dénonciation d'un autre Black, qu'on soupçconne fortement aujourd'hui d'être le véritable assassin), et d'ailleurs la nuit, tous les blacks sont gris... (après tout, une des principales preuves avancées était que lui et l'assassin portaient une chemise blanche et un pantalon noir...).
2./ L'arrêt du juge qui a examiné le dernier appel l'a clairement écrit: Davis a échoué à prouver son innocence... C'est le principe de base de cette justice: pas de présomption d'innocence, une instruction à charge et c'est à l'accusé de prouver son innocence. Même la rétractation de 7 des 9 témoins et l'absence de toute preuve matérielle sont considérés par le juge comme ne jetant qu'un doute mineur sur la culpabilité...
3/ La famille du policier assassiné n'a eu de cesse de faire condamner Davis, et de le faire savoir. Pour elle aussi, peu importait au fond qui était le vrai coupable, il fallait un mort pour venger un mort. Et tant pis si la deuxième mort était aussi injuste que la première.
Ce qui ressort de façon éclatante c'est que la justice de l'état de Georgie s'est acharnée à mort sur le premier qui lui est tombé sous la main, à l'issue d'une enquête bâclée, pour appliquer à sa façon la loi du Talion: pour tout meurtre d'un policier blanc, le meurtre d'un voyou noir.