Davantage de démocratie contre le fanatisme

Publié le par Jazz

Le dingue qui a tué plus de 90 personnes en Norvège risque 21 ans de prison, s'il est condamné.

 

Déjà le bout de phrase ci-dessus situé après la virgule fait pas mal protester sur les forums internet (français). Quoi, on pourrait décréter que ce type est fou et il échapperait à la prison?!
Pourtant l'hypothèse que, pour tuer de sang-froid une centaine de personnes sous un prétexte idéologique, il faille souffrir d'une distorsion de la réalité qui s'apparente bigrement à la folie, me paraît pour le moins recevable. Ce n'est pas tant cela qui est discuté, sans doute, que le fait qu'on puisse envisager de soigner les fous dangereux plutôt que de les enfermer.


De même les forums regorgent de commentaires indignés sur la faible durée maximale de la peine de prison. 21 ans seulement, lit-on, certains allant jusqu'à calculer que ça représente moins de 3 mois par meurtre, comme si les vies pouvaient s'additionner. Aux USA où cette logique comptable est appliquée, il serait sans doute passible de 350 ans au moins - à condition d'échapper à la peine de mort. La Norvège serait-elle donc un pays laxiste (le gros mot est lâché) ? Eh bien ce massacre à lui tout seul représente 3 années ordinaires de meurtres en Norvège dont le taux est 9 fois plus faible qu'aux USA et similaire à la France. Ainsi le laxisme supposé des Norvégiens n'est pas moins efficace que notre système judiciaire nettement plus répressif avec sa perpèt, ses peines plancher, sa sûreté incompressible,...

 

Pas très surprenant, quand on imagine ce que représentent déjà 21 ans derrière les barreaux. 21 ans. Peut-on se représenter ce que subit un homme qui reste enfermé 21 ans, et la façon dont il peut changer pendant cette période ? En bien ou en moins bien, c'est une autre histoire qui ramène au bien-fondé de l'emprisonnement comme un moyen de traiter les asociaux. Mais en tout cas, on ne peut pas croire que l'homme qui ressort de prison 21 ans après est le même que celui qui y est rentré. Est-il besoin de plus ?

Sans doute pas, sauf à considérer que l'emprisonnement sert à bannir de la société humaine les individus par nature incurables, irrécupérables, ce qui n'est apparemment pas la position du chef du gouvernement norvégien, qui a courageusement déclaré le lendemain du carnage qu'il appelait "davantage de démocratie, davantage d'ouverture, davantage d'humanité, mais sans naïveté".

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