Bonjour ma colère, salut ma hargne, et mon courroux coucou.

Publié le par Jazz

Chroniqueur humoristique sur France Inter c'est un métier à risque. Risque politique de se faire éjecter, bien sûr, mais celui-ci est largement contrebalancé par la pub d'enfer que ça fait au spectacle, présent ou à venir, du gars. Non, le risque principal c'est surtout de perdre l'équilibre entre vacherie et subtilité.

Pierre Desproges avait à mon avis parfaitement maintenu cet équilibre dans le Tribunal des Flagrants Délires, en égratignant avec virulence mais en enrobant son propos d'un style foisonnant et d'un humour qui allait chercher loin. Ses successeurs ont eu plus de mal... Philippe Meyer, par exemple, privilégiait le style et la distanciation mais manquait de mordant. Guy Carlier, Stéphane Guillon, Didier Porte, au contraire, en rajoutaient dans l'agression et se trouvaient en permanence sur le fil de la méchanceté gratuite et pas drôle. Guillon a réussi à se maintenir jusqu'au bout - mais manquait un peu d'inspiration sur la fin, alors que Porte avait déjà basculé du marrant vers le lourdingue. François Morel, qui a longtemps musardé avec l'air de ne pas y toucher, limite poète, est devenu beaucoup plus incisif ces derniers temps. Arrivera-t-il à enrichir ainsi sa palette sans pour autant la dégrader?

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article