Vendredi 27 janvier 2012
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22:26
Lipogramme en 'a' d'un célèbre poème de Charles Baudelaire...
Mon rejeton, mon frère,
Songe comme il est cher
De s'envoler loin d'ici ensemble !
Kiffer comme on désire,
Kiffer et mourir,
En une contrée qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont le prestige
Si mystérieux
De tes fourbes yeux,
Qui brillent de vertige.
Ici, tout n'est qu'ordre et vénusté,
Luxe, sérénité et volupté.
Par Jazz
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Mardi 24 janvier 2012
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15:33
Un an avant le début de ce quinquennat, le psychiatre Christophe André publiait un best-seller sur l'estime de soi, "Imparfaits, libres et heureux", où l'on relevait ce passage prémonitoire dont
le ton tranche avec les propos habituellement pondérés de l'auteur:
A force de récupérer en psychothérapie des cadres ex-battants sévèrement déprimés, à force de les voir abîmer leur santé, de les voir passer à côté de leur vie de
famille, avoir recours à l'alcool, aux somnifères, et finalement sombrer dans de graves dépressions, j'en suis venu à détester ce stupide mot de 'challenge'. Il représente à mes yeux toute
l'idéologie malsaine des années 1980-1990, avec ses 'winners' et ses 'losers', et son culte imbécile et toxique de la performance pour la performance ...
J'ai beau souligner à quel point l'action est l'oxygène de l'estime de soi, je sais aussi à quel point elle ne peut-être son unique levier; le succès comme seul
idéal et l'action comme seule identité représentent clairement un très mauvais socle de vie.
On peut passer totalement à côté de sa vie en fuyant et en esquivant l'action. Mais on peut aussi passer à côté en fuyant dans l'action. Rien de plus facile: il
suffit de réagir, ce qui n'est pas tout-à-fait pareil que d'agir.
Il faut absolument ré-élire Nicolas Ier, sinon... sa femme partie, ses anciens ministres qui le harcèleront par vengeance, les gamins qui lui jetteront des pierres dans la rue, Berlusconi en
prison, sa Rolex au clou, Bolloré qui prétendra avoir revendu son yacht aux croisières Costa, tous les signes extérieurs de succès disparus, le pauvre bougre traïnera de cure de désintox en foyer
pour SDF avant de finir reconduit à la frontière.
Dimanche 22 janvier 2012
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21:54
Le sujet de la sécurité individuelle devient aussi délicat à aborder en société que celui de l'euthanasie, des convictions religieuses, ou des opinions politiques, signe sans doute qu'il a
considérablement fusionné avec ces dernières.
Ce week-end, lors d'un dîner entre amis d'une soixantaine d'année, une des femmes nous a déclaré que la manière dont chaque soir son mari vérifiait plutôt trois fois qu'une que chaque porte et
volet était fermé et barré et que l'alarme était en route, l'angoissait au plus haut point. Quasiment tous les autres adultes présents ont protesté haut et fort que bien sûr, il fallait prendre
toutes ces précautions, que c'était peut-être un peu contraignant, mais qu'il fallait s'y faire, point.
En écoutant ça, je me demandais ce que tous ces copains, au fond, redoutaient. Aucun d'eux n'avait jamais été traumatisé par une intrusion à son domicile, leur peur était donc toute théorique et
fantasmée.
Était-ce la peur qu'on leur vole quelque chose de précieux? qu'on les violente? qu'on vandalise leur logement? qu'on fasse irruption dans leur vie intime ?
Un mélange de tout ça, bien sûr. Mais aucun ne s'était arrêté à se demander quoi exactement. Et de ce fait, aucun non plus ne s'était jamais demandé ce qu'en contrepartie lui coûtait cette peur
et si ce coût en valait la peine. Combien de stress, combien d'attention volée à d'autres sujets, combien de temps, combien d'argent aussi... Et combien de méfiance, de suspicion, d'inquiétudes,
de coups au coeur... Un peu comme si leur vie était en jeu, ils considéraient que tout se justifiait par le risque qu'un jour, peut-être quelqu'un essaierait de rentrer chez eux.
Je n'ai rien dit, pas participé au débat qui n'en était même pas un. Je ne voyais pas l'intérêt de leur expliquer qu'on pouvait comprendre que ce qui rassurait monsieur angoissait madame, ni que
j'avais résilié mon contrat d'alarme, ni qu'il m'arrivait d'aller me coucher sans fermer la porte à clé, ni que la seule fois où nous nous étions fait cambrioler c'était en plein jour, alors que
la maison était occupée, et qu'aucun volet ou alarme ne pouvait empêcher ça, ni surtout que nous avions décidé une fois pour toutes que si ça devait arriver à nouveau ça arriverait et qu'on
n'allait pas se pourrir la vie dans l'attente perpétuelle que ça arrive.
Par contre j'ai réalisé un peu mieux à quel point le tout-sécuritaire est devenu un besoin viscéral chez pas mal de nos concitoyens sexagénaires. Le matraquage politique a bien complété un
travail que l'âge et son corollaire conservateur avait entamé.
Samedi 21 janvier 2012
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08:49
Comme le faisait remarquer François Morel sur France Inter, la perte du troisième A pose des problèmes au quotidien en France. Lui-même indiquait que l'usage de noms comme caravane ou rattrapage
devient impossible, mais ça va bien plus loin.
Car pouquoi donc la perte du troisième A n'affecterait-elle que les noms communs ou les verbes, bien innocents ma foi de notre inconséquence financière, et pas les noms propres ?
De ce fait, la perte du troisième A va toucher directement certains Français. Il y a par exemple sur Facebook un type - dont le mur regorge de commentaires passionnants - qui se fait appeler
Dan Aikisax, sans doute parce qu'il aime à la fois l' aikido et le saxophone. Les options qui s'offrent à lui sont dramatiquement réduites: Pour
éviter à tout prix de s'appeler Dan Aikisex, il n'a le choix qu'entre Dan Aikisox - qui l'assimile à une équipe de hockey américaine -, Dan Aikisux - que les mêmes américains comprendraient comme
Dan Aiki sucks -, Dan Aikisix - qui prétendrait qu'il est sixième dan - ou Dan Aikisyx, et dans tous les cas le saxophone disparaît de son identité.
C'est bien pire encore pour notre bien-aimé président: son titre officiel va devoir être modifié en urgence pour ne pas devenir "Monsieur le Président de la République
Nicolas Srkozy", les journaux people ne pourront plus titrer, sous peine de faire ricaner, "Le président Sarkozy et son épouse Carl" et bien sûr
le déséquilibre franco-allemand s'accentuera encore dans "les rencontres Angela Merkel - Nicols Srkozy". Un drame identitaire se noue ici, capable de réduire un
ego à néant, et je n'ai pas dit à guéant, ce serait trop cruel.
Et puis évidemment c'est toute de la communication officielle qui va devoir être réécrite en profondeur pour limiter les communiqués et les textes officiels à deux A seulement. Voilà une mission
digne de l'Oulipo, dont nous ne manqueront pas de suivre les développements avec le plus grand intérêt.
Par Jazz
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Mercredi 18 janvier 2012
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21:44
Il semble que d'ici peu la technique va nous faire faire d'un coup un bond d'un siècle. Mais un siècle en arrière... Retour en 1914...
En décidant de remplacer, dans les voitures, un gaz réfrigérant nocif pour le réchauffement climatique par un autre, 335 fois moins nocif...
... mais qui se transforme en un équivalent des gaz de combat en cas de forte température. Du genre de celle qu'atteint une voiture en train de brûler. Si par hasard le conducteur réchappe au
choc et à l'incendie, il a toutes les chances de décéder de l'inhalation. Et si ce n'est lui, on aura peut-être quelques pompiers...
Si l'histoire est vraie (et un chimiste du CNRS a l'air de la confirmer), je suppose que les ingénieurs qui ont avalisé le remplacement du gaz ont fait leurs études à Auschwitz, sinon je ne vois
pas comment l'étude de risque peut louper un truc aussi gros.
La première chose qui doit venir à l'esprit une fois les avantages démontrés, foi d'ingénieur, c'est quand même: "est-ce que ce nouveau produit peut se comporter dangereusement dans des
conditions normales ou anormales mais plausibles?".
Ca avait du bon, l'époque où on roulait vitres ouvertes! Heureusement, les motos n'ont pas (encore...) de clim!
Par Jazz
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Mardi 17 janvier 2012
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16:17
Depuis le temps que le ministre de l'intérieur nous annonce chaque année une baisse de la délinquance, on peut se demander comment il se fait qu'il en reste encore. A mon avis, on devrait
atteindre des valeurs négatives d'ici une douzaine d'années: la police en sera réduite à enregistrer les plaintes pour comportement altruiste...
- Monsieur l'agent, je veux porter plainte, c'est horrible...
- Asseyez-vous, madame, alors, vos noms et prénoms ?
- Georgette Ledur, c'est une horr...
- Attendez, attendez, vous dites Le dur geor gette. Date et lieu de naissance ?
- 28 novembre 1948, à Neuilly sur Seine, mais il f...
- Une minute, 28 no vem bre 19 48 neu illy sur sei ne. Adresse?
- 1 rue du 28 novembre 1948 à Neuilly sur Seine, écoutez, c'est terrible, j'ai encore été agressée.
- Bien, bien, décrivez-moi les faits
- Ca c'est passé à la sortie de mon club de bridge, il y a une heure, un homme s'est approché de moi...
- Décrivez-moi l'homme... un Noir, je suppose?
- Non, un Arabe, bien habillé, parlant très correctement...
- Oui, il y en a de plus en plus par ici. Il s'est approché de vous et?
- Il m'a... oh non c'est trop terrible...
- Reprenez-vous, madame, si vous voulez qu'on fasse quelque chose, il faut nous dire tout ce qui s'est passé
- Oui, eh bien, il m'a... il m'a dit "excusez-moi madame"...
- Je vois, ensuite ?
- Il m'a... faut-il vraiment que... ?
- Oui, madame, il le faut.
- Eh bien il m'a tendu un billet de cent euros et il m'a dit "madame, j'ai gagné au Tiercé, j'ai plus d'argent qu'il ne m'en faut, et vous semblez dans le besoin. Je vous en prie, acceptez ce
billet"
- J'en étais sûr, encore un. Mais ça ne va se passer comme ça. Je lance toutes les patroiuilles, on va le retrouver, votre agresseur !
Par Jazz
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Dimanche 15 janvier 2012
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19:00
C'était un champion de judo, il a remporté de nombreuses compétitions en tant que représentant français. Donc il est devenu ministre.
Vous ne voyez pas le rapport?
Je recommence. C'est un champion FRAN-CAIS. Donc les Français l'adorent. Et c'est un copain du Président. Or les Français n'aiment pas les hommes politiques et n'aiment plus trop le Président non
plus. Donc on le nomme ministre et hop, il devient un des ministres préférés des Français.
Ca va, c'est plus clair? Bien.
Malheureusement, en tant que ministre il est tenu de connaître les sujets relatifs à son ministère. Aïe. Comme par exemple le sport féminin (fastoche ça, il a déjà déclaré dans le passé qu'une femme ça devait rester à la cuisine), les centres de formation ou les
régimes alimentaires, bref le genre de sujets que doivent potasser tous ceux qui veulent obtenir de ce ministre un modeste brevet d'éducateur sportif . Aïe aïe aïe.
On a juste oublié que les qualités de combattant des tatamis n'ont aucun degré de corrélation avec celles de gestionnaire d'une politique. Ou même simplement de porte-parole de cette politique.
Et que pour passer un oral devant des parlementaires, il vaut mieux avoir potassé ses dossiers qu'un bon score dans les sondages. Et donc, il s'empêtre
lamentablement face à des parlementaires sur ces questions basiques...
Tant que la politique se mêlera de sport et vice versa, on aura encore de belles occasions de rigoler.
Par Jazz
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Dimanche 15 janvier 2012
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17:11
L'empreinte carbone c'est une chose, mais la vraie question à propos d'empreinte c'est: quel souvenir laisserons-nous à notre disparition, quelle influence, quel impact aurons-nous eu sur la
société humaine?
Aurons-nous vécu une vie tournée sur nous-même, notre confort, notre bien-être, notre possession d'objets ? C'est-à-dire une vie dont les buts s'évanouiront en même temps que nous ?
Ou bien par notre métier, nos relations avec nos proches, nos contacts innombrables avec la multitude de nos congénères, nos activités diverses, aurons-nous contribué à faire progresser un tant
soit peu la société vers davantage de bien-être, de santé, de connaissance ?
C'est assez motivant de vivre et d'agir de sorte à se situer, chaque jour un peu mieux, dans le second groupe.
Par Jazz
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Samedi 14 janvier 2012
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17:55
Il y a une tendance, dans le monde de la musique, à la recherche de l'absolu. Une sorte de mythe de l'instrument idéal, de l'auditorium parfait, de la chaîne audio de qualité insurpassable. Il se
dépense des fortunes pour un simple amplificateur à lampes ou une paire d'enceintes acoustiques.
Un célèbre magazine de musique classique s'est ainsi fait une spécialité de critique de matériel HiFi, et considère avec dédain tout matériel à moins de 1500 euros et incompatible avec le format
SACD...
Ce genre d'attitude laisse songeur. On se demande si à l'écoute d'un disque, ces jusquauboutistes prêtent la moindre attention à la musique en tant qu'expression d'une émotion ou bien s'ils sont
accaparés par la justesse de l'interprétation selon leurs canons et par la qualité de la prise de son.
C'est à mon avis confondre le but et le moyen. C'est aussi s'interdire d'apprécier la musique ailleurs que dans un auditorium ou une salle de concert et se priver de déguster Bach en voiture ou
Miles Davis dans le métro.
La réalité c'est qu'un enregistrement de Pablo Casals de 1930 peut vous prendre aux tripes malgré la qualité pourrie et les craquements du 78 tours repiqué. Et qu'aussi parfaite que soit sa prise
de son, le dernier Hilary Hahn vous laisse froid.
D'ailleurs, pas plus que la chaîne Hifi, l'instrument ne fait la qualité de la restitution musicale ni la beauté de la musique. Anecdote révélatrice, récemment des violonistes experts,
interprètes expérimentés, ont été piteusement incapables de différencier en aveugle un Stradivarius d'un bon violon moderne malgré qu'ils les aient joués eux-mêmes.
Laissez moi mon iPod et un bon casque, et que mon budget musique passe dans l'achat de 10 CD plutôt que dans un dixième du lecteur Diapason d'Or...
Par Jazz
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Vendredi 13 janvier 2012
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22:20
Nouvel et passionnant avatar des Variations Goldberg de Bach, côté jazz cette fois: Dan Tepfer, un pianiste américain, les a enregistrées en alternant l'interprétation (classe et) classique des
30 variations avec des improvisations de son cru.
Comme le dit le critique de Télérama "il éclabousse avec des idées originales qui peuvent aller jusqu'à la dissonance, mais ont la même logique que les développements mathématiques de Bach et
aussi la même spiritualité. Impressionnant exemple de communication des esprits à travers le temps."
Par exemple, ici l'impro sur la 25ème variation
Par Jazz
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Publié dans : Arts non martiaux
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Vendredi 13 janvier 2012
5
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21:24
Au moment où la Corée du Nord, n° 1 de la liste, pourtant disputée, des dictatures mondiales assure la continuité de la dynastie avec le Un après le Il...
tiens, Roland Barthes devait avoir un avis sur ce paradoxe: le Un précède tout car il est indivisible; tout le reste n'est qu'une partie, une émanation de ce qui est uni, à l'égal de Dieu; le un
précède le deux, il précède le Je, le ça, le Nous, le Il...
donc, disais-je, alors que cette dictature intronise le fils pour succéder au père... tiens, c'est comme chez nous avec cette famille qui nous fait de la Pen... au fait quelqu'un a des nouvelles
de Bruno Maigrelet ?
bref, à l'heure donc où la Corée du Nord poursuit son grand guignol, la Birmanie, numéro 5 de la liste des dictatures, donne d'inattendus signes d'ouverture.
Après des entretiens médiatisés avec Aung San Suu Kyi, le pouvoir militaire libère des opposants politiques pour la troisième fois en trois mois, et laisse entrevoir la libéralisation de
l'opposition. On voit mal comment cela pourrait relever d'un stratagème pour écraser les velléités démocratiques du peuple. Il faut donc croire à une véritable avancée vers l'ouverture et rester
optimiste.
Mais vigilant tout de même, vis-à-vis du risque de reprise en main brutal ou de coup d'Etat des faucons; gardons en mémoire l'écart entre les espoirs en Egypte il y a un an et la répression
récente des manifestations par l'armée...
Par Jazz
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Jeudi 12 janvier 2012
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Des chercheurs de l'université de Californie, selon une publication de The Journal of the American Medical Association, ont mis au point une échelle d'évaluation de l'espérance de vie d'un
patient selon divers critères. Par exemple, une personne de plus de 80 ans qui cumule insuffisance cardiaque congestive, reins défaillants, perte de poids et d'appétit, capacités cognitives
déclinantes et besoin d'assistance quotidienne a 69 % de chances de mourir dans les six mois.
Les bonnes âmes pourfendeuses de l'acharnement thérapeutique y voient un excellent outil pour aider à décider d'abréger les soins et donc... les souffrances.
Bien.
Question numéro 1: à partir de quelle probabilité de survie à 6 mois va-t-on décider d'arrêter de soigner tonton Marcel ?
Question numéro 2: prenons une personne de 80 ans qui n'a ni insuffisance cardiaque congestive ni reins défaillants ni perte de poids ni capacités cognitives déclinantes ni besoin d'assistance
quotidienne, quelle est sa probabilité de mourir dans les 6 mois ? Ca serait pas 68%, par hasard?
Ensuite, 69% de chances de mourir, ça laisse 31% de chances de survivre. Ca me parait bien suffisant pour qu'on continue à s'intéresser à tonton Marcel. Parce que les raisonnements statistiques
se heurteront toujours au cas particulier: si en moyenne sur 1000 personnes dans le même cas, 690 meurent dans les six mois, ça veut dire que 310 survivront, peut-être même 20 ans de plus pour
certaines. Dont tonton Marcel.
Au final, ce genre d'étude pourrait engendrer une magnifique prédiction auto-réalisée: laissons sans soins les patients à faible espérance de vie et on démontrera vite qu'ils étaient
effectivement à faible espérance de vie...
Par Jazz
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Mercredi 11 janvier 2012
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23:04
Beau travail d'auto-analyse, de compréhension des causes de ses erreurs sur le terrain, et de transparence vis-à-vis du public auquel se livre Médecins Sans Frontières en publiant un livre entier qui revient sur les conditions de ses interventions.
L'étude est sans concessions, et révèle les défauts du système, les limites de leur action, les contraintes et les concessions au quotidien tout autant que la force des principes qui les pousse à
continuer à agir malgré ces difficultés.
C'est fouillé, c'est publié sans censure apparente et, ce qui en augmente le mérite, l'étude est menée par une cellule de réflexion sur l'action humanitaire interne à MSF.
A lire avec attention.
Par Jazz
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Mercredi 11 janvier 2012
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20:48
Le pangramme est ce jeu consistant à écrire une phrase en utilisant toutes les lettres de l'alphabet.
Le plus célèbre en français, qui fait référence à un magistrat politiquement incorrect (" Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume.") présente l'intérêt supplémentaire de la concision,
puisque chaque consonne n'est employée qu'une fois.
Dans le même bar à whisky, on aurait pu surprendre d'autres conversations pangrammes:
Le barman au serveur:
- Portez ce whisky blond au vieux juge qui fume.
Le caïd à son tueur à gages:
- Liquidez ce vieux juge et la bonne femme repue de whisky!
Le chef cuistot à son apprenti:
- Quoi? Flamber deux pintes de ce whisky ? Vous perdez la jugeote !
Le barman au client mécontent:
- Rejugez ce vieux whisky avec un paquet de femmes blondes !
C'est fou ce qu'on peut changer la vie dès que les juges boivent du whisky...
Par Jazz
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Publié dans : Farfeluteries
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Dimanche 8 janvier 2012
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17:20
A mi-chemin exactement entre la photographie humaniste style Willy Ronis et la photo naturaliste façon Alain Briot, Olivier Föllmi est un des rares
artistes, à mon avis, capables de révéler la beauté des hommes insérés dans leur milieu naturel et interagissant avec lui. Après avoir collaboré avec Matthieu Ricard (autre excellent
photographe passionné par les hommes autant que par les montagnes) sur un recueil de référence, "Himalaya Bouddhiste", Föllmi a sillonné l'Afrique de la Namibie à l'Ethiopie.
Le résultat est compilé dans un gros livre de photos pleine page, "Hommage à l'Afrique", où Föllmi arrive de façon exceptionnelle à restituer la précarité de la vie dans un milieu suvent
hostile tout en évitant le misérabilisme.
Il montre les gestes et les positions quotidiens: l'adolescente allongée sur une grosse racine qui lit son cahier de classe soigneusement calligraphié, le chasseur Bochiman accroupi dans la
savane, arc bandé, le vieil homme agenouillé dans le désert pour sa prière, le berger qui traverse le gué à côté des buffles en portant le jeune veau, les villageois assis par terre en cercle
pour les palabres, l'enfant en équilibre sur une échelle branlante remontant de l'eau d'un puits...
Il fait ressortir les couleurs, le chatoiement des boubous, l'ocre de la terre ou du soleil couchant, les mille nuances de brun des peaux.
Surtout, il ajoute à tout cela une bonne dose de légèreté et d'humour, en juxtaposant des clichés de statues ou de masques avec ceux de personnes ayant la même expression, ou en captant
d'innombrables sourires et de multiples éclats de rire.
Le regard compréhensif et attentif d'un immense artiste ethnologue.
Pour info, Olivier Föllmi et sa femme Danièle, médecin, ont fondé HOPE, une association au service de l'éducation dans l'Himalaya.
Par Jazz
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Publié dans : Arts non martiaux
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